L’intelligence énergétique ne passe pas que par les compteurs

Le plan de comptage est fondamental pour générer des données de consommation énergétique précises et ainsi améliorer la performance énergétique. L’adage « on ne manage pas ce qu’on ne mesure pas » s’applique parfaitement à la performance énergétique industrielle.

Pourtant, commencer par investir massivement dans des compteurs peut s’avérer cher et parfois inutile. Bref, l’inverse du smart energy management.

Quand un industriel démarre son projet de performance énergétique, il est rapidement confronté au paradoxe suivant : il est convaincu qu’investir dans des compteurs pour initier sa démarche est la première étape, mais le budget d’investissement est souvent rédhibitoire : des compteurs pour l’électricité, le gaz naturel, la fourniture et le traitement de l’eau, etc. Une usine dispose d’un parc d’au moins 10 à 100 machines, et chacun de ces points de mesure potentiel peut vite faire monter l’addition de l’investissement à plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’euros (sans compter la main d’œuvre en cas de pose par un tiers). Au point de reporter, ralentir ou carrément geler la démarche, alors qu’un gisement d’économies d’énergie important dort bel et bien dans l’usine et que le temps file inexorablement.

D’autres dépenses peuvent se révéler tout aussi importantes et incontournables pour aller jusqu’aux économies d’énergie. Un budget à consacrer au système de transmission des données peut ainsi également s’avérer salutaire pour ne pas avoir à aller les relever fastidieusement à la main. De même, la capacité de stockage et d’analyse informatique pour exploiter toute cette masse d’information est cruciale :  peu d’industriels ont aujourd’hui conscience du traitement des données Big Data qu’il va falloir mettre en œuvre pour analyser la quantité gigantesque d’information que vont engendrer tous ces compteurs une fois le parc de mesure installé. Un parc de 10 compteurs électriques mesurant l’énergie active et réactive en triphasé toutes les 10 minutes générera ainsi à lui seul plus de 3 millions de données (3 153 600 exactement) par an à stocker, traiter et analyser ! Ce serait pourtant dommage de remplacer des heures de relevés manuels de compteurs par des heures fastidieuses d’analyse sur tableur.

Le compteur est incontournable mais n’est que le début de la démarche, et pas une fin en soi. L’intelligence énergétique nécessite l’intégration dans sa démarche et son budget de toute la chaîne de valeur, du compteur à l’analyse automatisée en continu.

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