La télérelève des compteurs, l’internet des objets de l’énergie

L’activité industrielle dans un atelier est indissociable de la consommation par les machines de plusieurs énergies primaires, utilités ou fluides : eau, gaz, électricité, fioul, etc. Le suivi de ses consommations peut s’avérer chronophage et erroné s’il est fait manuellement. La télérelève automatique de ces compteurs est donc indispensable pour bénéficier de mesures suffisamment précises dans le temps et exploitables rapidement en grand volume par des logiciels spécialisés. Ainsi, d’éventuelles dérives par rapport à des référentiels de performance établis peuvent être corrigées rapidement sans attendre la facture du fournisseur.

 

Aujourd’hui, les dispositifs de télérelève sont accessibles et permettent de faire face à l’hétérogénéité des machines présentes dans les ateliers. Voici les étapes clés afin de mener à bien la mise en place de ce dispositif dans le domaine de l’énergie et des utilités :

1. Réaliser l’audit du parc de compteurs existant : il est fréquent pour un industriel de ne pas savoir exactement où sont les différents compteurs ou quelles sont leurs caractéristiques techniques (âge, modèle, entretien, périmètre machine concerné, pas de mesure, capacité de transmission, etc). Une journée passée avec le responsable de maintenance / travaux neufs et la personne chargée de la relève permet en général de faire l’état des lieux complet d’un site de taille moyenne (10 à 30 points de mesure). Suivant l’historique du site industriel, les compteurs peuvent en effet comptabiliser plus de machines que prévu. Certains compteurs a priori non communicants peuvent par ailleurs se révéler être capables de générer de manière native des informations sous forme numérique ou impulsionnelles (flash à pas de mesure déterminé par exemple). Pour les compteurs mécaniques plus anciens, un module de lecture posé sur le cadran peut permettre dans certains cas de numériser l’information sans le remplacer.
2. Décider du moyen de transmission des canaux de communication : radio, filaire ou mixte, etc. La pose de câbles est plus longue et coûteuse selon les distances, mais elle apparaît souvent comme plus simple à maintenir et fiable selon les environnements, compte tenu des contraintes d’architecture de l’enveloppe du bâtiment ou des perturbations électromagnétiques qui peuvent diminuer la transmission du signal radio. Pour le mode filaire, il existe différents types de supports physiques (appelés interfaces), par exemple l’interface série. S’assurer de la compatibilité des compteurs avec l’interface choisie est fondamental pour garantir la transmission du signal
3. Choisir un concentrateur permettant la collecte vers le stockage des données : les compteurs utilisent des langages (appelés protocoles) tel que le Modbus ou KNX qui permettent de coder l’information de consommation. Aujourd’hui, des concentrateurs ou passerelles (semblables à des box internet chez les particuliers) permettent de collecter des données de compteurs utilisant différents protocoles et de les envoyer à un format standard (csv ou xml) sur les serveurs informatiques via un protocole IP (Ethernet, GSM ou 3G). Enfin, il faut bien calibrer la capacité de stockage et de calcul et les moyens d’accès côté serveur pour être capable de conserver et accéder à toutes les données par la suite.

La cohérence des réseaux intelligents d’énergie (ou smart grids) dépend fortement de la fiabilité de création, transmission et stockage entre les mesures physiques de consommations générées par les compteurs et les données générées et stockées sur les serveurs informatiques. Une fois récupérées, ces données pourront générer de la valeur (et des économies) via l’analyse en grand volume par des algorithmes d’analyse à des pas de temps flexibles afin d’éviter des interventions humaines fastidieuses de relève, coûteuses en temps et sources d’erreurs.

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