Etre certifié ISO 50001 ou réaliser des audits énergétiques ?

La Directive Européenne 2012/27/UE sur l’efficacité énergétique et la loi DDADUE 2013-619 imposent d’ici le 5 décembre 2015 de réaliser des audits énergétiques obligatoires tous les 4 ans pour les entreprises de plus de 250 salariés, 50 millions d’euros de chiffre d’affaire ou 43 millions d’euros de bilan. Cependant, les entreprises certifiées ISO 50001 ou qui ont mis en place d’ici là un Système de Management de l’Energie en seront exemptées.

Quel stratégie donc choisir pour une entreprise concernée par ces exigences réglementaires ?

Dans la pratique, l’audit énergétique obligatoire doit être réalisé par un examinateur qualifié et indépendant de l’activité concernée pour mener cette démarche selon la norme des audits énergétique EN 16247. Le périmètre concerné doit représenter au moins 80% de la facture énergétique de l’établissement concerné (SIREN) avec une dérogation à 65% pour le 1er audit. L’échantillonnage des sites d’une entreprise n’est autorisé que pour les bâtiments, pas pour le process ni le transport. Le Responsable Performance Energétique d’un acteur français majeur du secteur de la Grande Distribution a ainsi estimé le coût de cette démarche linéaire et ponctuelle sur ces 700 sites à plus de 1,5 M€ tous les 4 ans. Cependant, un audit énergétique réalisé après le 4 décembre 2012 selon la méthodologie AFNOR BP X 30-120 ou dans le cadre d’un Système de Management de l’Environnement 14001 peut suffire pour être en conformité.

La démarche d’engagement vers la norme ISO 50001 de Système de Management de l’Energie peut être conduite par une personne qualifiée ou expérimentée en interne et sur un périmètre libre. La méthodologie est cyclique selon la boucle PDCA (Plan > Do > Chek > Act) bien connue des certifications ISO 9001 et ISO 14001, et valorise l’amélioration continue de la performance. L’accès à la certification par un organisme accrédité permet également de doubler les Certificats d’Economies d’Energie (C2E) mis en place par l’entreprise. Une entreprise du secteur de l’imprimerie consommant plus de 17 GWh d’électricité par an a ainsi pu récupérer 34 k€ sur les 60 k€ investis dans un système de récupération de chaleur grâce à ce dispositif de bonification des C2E. Par ailleurs, d’après des entreprises déjà certifiées, le constat est en général unanime : l’ISO 50001 est un processus flexible pouvant s’appuyer sur des outils de Système d’Information de Management de l’Energie constituant un actif durable de l’entreprise permettant d’atteindre au moins 10% d’économies d’énergie sur la facture énergétique. En évitant les coûts d’audit, elle limite également d’autres dépenses faute d’action en ce sens, d’autant plus que la Commission de Régulation de l’Energie prévoit une augmentation de plus de 50% du prix de l’électricité d’ici 2020.

Prendre le chemin de la certification ISO 50001 le plus tôt possible semble être une stratégie gagnante pour maîtriser durablement son coût total énergétique. Et vous, quelle option allez-vous choisir dans les mois qui viennent ?

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